Le caveau de Nicolas Rolin, fondateur des Hospices de Beaune, retrouvé près de la cathédrale d’Autun

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ARCHÉOLOGIE – La sépulture du chancelier du duc de Bourgogne Philippe III (1396 -1467), dit le Bon, vient d’être exhumée du sous-sol d’une église aujourd’hui disparue. Un éperon, signe héraldique de ses armoiries, a permis de l’identifier.

«Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en l’an de Seigneur 1443… dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels… Je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades…» Avec ces mots, celui qui les écrivait, laissait à la postérité ce que l’on nomme aujourd’hui les Hospices de Beaune.

Et ils appartiennent de plein droit à la légende du duché de Bourgogne, qui au XVe siècle était presque aussi puissant que le royaume de France. Il y a quelques jours à peine, le service archéologique de la ville d’Autun a annoncé avec fierté que le caveau de celui qui fut chancelier durant près de quarante ans du duc Philippe III, dit le Bon, et donc le fondateur de l’Hôtel-Dieu de la ville de Beaune, venait d’être découvert à Autun.

Cette sépulture de l’homme qui voulut ces Hospices de Beaune, avec son épouse Guigone de Salins, a été retrouvée près de la cathédrale d’Autun, dans le sous-sol d’une église aujourd’hui disparue, «restaurée au Moyen-Âge puis démantelée à la fin du XVIIIe siècle», a indiqué Yannick Labaune, le responsable des recherches, au cours d’une conférence de presse.

L’archéologue a précisé les circonstances de cette incroyable découverte: «Nous avons eu la surprise de découvrir les vestiges de plusieurs caveaux funéraires démontés en 1793, dont l’un renfermait les ossements bouleversés de huit défunts». L’emplacement des sépultures, dans le chœur de l’ancienne église, est conforme à «un croquis du XVIIIe siècle qui localise le tombeau de Nicolas Rolin», a-t-il ajouté.

L’éperon du grand chancelier de Bourgogne

La tombe a été trouvée sur le site de l’ancienne église Notre-Dame-de-Châtel, qui se trouvait sur la place Saint-Louis jusqu’à la Révolution. C’est l’éperon, signe héraldique et distinctif du vidame Nicolas Rolin, retrouvé parmi les ossements, qui permet, avant les nécessaires analyses d’ADN, d’affirmer qu’il s’agit bien des restes du grand chancelier du duc Philippe III, le père du fameux Charles le téméraire, le grand rival de Louis XI.

«Nous disposons d’indices assez forts pour dire que l’on a retrouvé le caveau de Nicolas Rolin», en insistant sur la valeur historique et probante de cet éperon, déjà mentionné dans un document d’époque qui décrit la tenue de l’illustre défunt le jour de son inhumation.

Le diagnostic archéologique en cours à Autun se poursuivra jusqu’en janvier, avant que débutent les travaux d’extension du musée actuel, aujourd’hui à l’étroit dans l’hôtel particulier du chancelier Nicolas Rolin.

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