Déconfinement : la culture craint d’être de nouveau sacrifiée

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La façade fermée du théâtre de La Gaîte Montparnasse, le 6 mai 2020, à Paris.

C’est Jean Castex lui-même qui a allumé la mèche. Lors d’une rencontre organisée lundi 7 décembre au matin avec les présidents des groupes parlementaires, le premier ministre s’est interrogé sur la réouverture des lieux de culture (cinémas, théâtres, musées, etc.), jusqu’ici prévue le 15 décembre mais rendue hypothétique par la situation sanitaire. Lors de son allocution du 24 novembre, Emmanuel Macron avait conditionné cette reprise des activités culturelles à une diminution drastique de la circulation du Covid-19, en deçà de 5 000 nouveaux cas quotidiens. Un objectif que les scientifiques jugent désormais inatteignable et qui pourrait inciter l’exécutif à davantage de fermeté dans la deuxième phase du déconfinement.

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Officiellement, rien n’a été encore décidé. « Le président de la République et le premier ministre ont toujours conditionné cette date [du 15 décembre] aux indicateurs sanitaires », rappelle-t-on seulement au sommet de l’Etat. Mais la sortie de Jean Castex a allumé la foire aux rumeurs parmi les professionnels. Certains évoquent un possible report de la date de réouverture, le temps de voir si la courbe des contaminations reprend sa baisse. D’autres craignent un abaissement à 50 % de la jauge des salles, ou une avancée de l’heure du couvre-feu, censé être remis à 21 heures. « J’entends tout et son contraire », s’émeut le producteur de théâtre Jean-Marc Dumontet, pourtant réputé proche d’Emmanuel Macron. Un conseil de défense devait se tenir mercredi 9 décembre au matin à l’Elysée, avant une conférence de presse de Jean Castex le lendemain.

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En attendant d’hypothétiques annonces, l’inquiétude gagne les secteurs concernés. Pour les cinémas comme les salles de spectacle ou de théâtre, les fêtes de fin d’année sont un carrefour stratégique, même si l’absence de touristes pèsera quoi qu’il arrive sur l’activité. Ne pas rouvrir serait un nouveau coup dur économique, affirment en chœur les professionnels. « Pour la culture, la période des fêtes est très importante. Rester fermé trop longtemps nous sort des habitudes de consommation des gens. Il faut ouvrir », plaide Bertrand Thamin, président du Syndicat national du théâtre privé (SNDTP).

« “Stop and go” destructeur »

Les exploitants de cinémas affirment s’être organisés pour lever leurs rideaux le 15 décembre, avec le même protocole sanitaire qu’avant le reconfinement. Des films importants, comme Wonder Woman 1984, Sacrées sorcières ou BAC Nord, sont attendus pour les fêtes. « Les gens ont envie de se distraire, le cinéma est un lien social, nous serons la seule enseigne ouverte la nuit », défend Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), qui dit ne pas avoir été consulté sur un éventuel report ou aménagement du déconfinement. Les séances de décembre représentent environ 10 % du chiffre d’affaires des exploitants.

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