Avec « Florilège », Laurent Voulzy chemine dans sa carrière

Répandre l'amour
Laurent Voulzy dans la salle de musique de l’église Saint-Eustache à Paris, vers 2011.

Comme nombre de musiciennes et de musiciens, dans la succession de périodes de confinement et d’arrêt des concerts, dont ceux de sa tournée (huit sur la quarantaine prévue ont pu avoir lieu, cela pourrait reprendre à la mi-mars 2021), Laurent Voulzy n’est pas resté inactif. Sa pièce musicale à propos de Jeanne d’Arc, avec les écrivains Franck Ferrand et Gilbert Sinoué, « a avancé et se précise », nous a-t-il indiqué au cours d’un entretien au téléphone. Il a travaillé à un ouvrage sur les cathédrales avec le journaliste Laurent Joffrin, a écouté des chanteuses et chanteurs « dont l’univers [le] touche » pour des productions sur son label Manor, a continué de façonner des chansons.

Dont Loreley, Loreley, avec orgue, entrelacs de guitares, parties chorales et un ensemble de cordes, « un cantique, à la manière pop », qui ouvre Florilège. Ce double album, une compilation – la précédente, Saisons, remontait à 2003 –, vient d’être commercialisé, à quelques jours de l’anniversaire du chanteur (72 ans, le 18 décembre). Il en a supervisé la conception, ajoutant à cette nouveauté, trente-cinq titres. Quelques succès, nécessaires dans une compilation (Belle-Ile-en-Mer Marie-Galante, Le Cœur grenadine, Rockollection, Bopper en larmes, Le Pouvoir des fleurs, La Fille d’avril) et nombre de chansons « qui n’ont pas été des singles, qui ne sont pas passées à la radio ».

« Ambiances qui se répondent »

« J’ai fait le choix, sans tout réécouter intégralement, en dehors de toutes les fins et les débuts, pour que cela crée une belle harmonie entre les chansons, avec des contrastes, des ambiances qui se répondent, leur place sur les deux disques. C’était assez ludique, plus intéressant que de mettre les succès les uns derrière les autres. » Florilège permet donc d’apprécier des chansons plus secrètes, tirées des neuf albums de Voulzy depuis 1979, y compris celui en duo avec l’ami et frère de création, Alain Souchon, en 2014.

Lire l’article (2014) : Laurent Voulzy et Alain Souchon, quarante ans d’amitié dans un disque

Dans le déroulé de l’écoute, voici notamment Mary Quant, merveille pop un rien autobiographique, comme l’est Acte II Jelly Bean, le slow au son années 1980 Flirt, les délicatesses de Rio, La Baie des fourmis (avec harpe et Alain Souchon) ou Bungalow vide, la version attentionnée de All I Have to Do Is Dream, d’Everly Brothers, venue de l’album de reprises La Septième Vague (2006) ou Une héroïne, l’un de ses superbes portraits de femmes. Il y aura aussi, pour beaucoup, la découverte du Miroir (1976), sorti en single et passé inaperçu un an avant le succès de Rockollection. « Ce sont deux de mes fils qui m’ont demandé de la mettre. Ils m’ont dit qu’ils l’aimaient beaucoup, leurs copains aussi. Elle m’a paru différente de ce que j’ai fait après, mais je n’ai pas de jugement négatif, elle fait partie de moi. »

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